Florence – terre de la Renaissance – et déjà riche de nombreux chefs d’oeuvre de ce mouvement artistique daté du XIVe siècle, a du faire de la place parmi ses galeries d’art à ciel ouvert pour en accueillir une bien plus moderne même si pour certains observateurs, elle avait déjà fait son temps. Devenu monument en Bavière sous les couleurs du Bayern Munich pendant 12 années, Franck Ribéry s’en est allé découvrir le championnat italien, vêtu de la mythique tunique mauve de la Fiorentina, dans l’unique but d’inscrire une nouvelle toile dans son oeuvre footballistique.

La malice jusqu’à la lie ©Reuters

Dimanche 29 septembre, aux alentours de 22h30. On joue la 89ème minute de jeu entre le Milan et la Fiorentina pour le compte de la 6ème journée de Serie A. La Viola mène alors 3-1 à San Siro, rare vestige d’une glorieuse époque Rossonera qui semble inéluctablement s’éteindre à petit feu. C’est le moment choisi par Vincenzo Montella (ex-coach du Milan désormais sur le banc de la Fiorentina) pour sortir Ribéry, auteur d’une nouvelle partition digne d’un des plus grands chefs d’orchestre. San Siro ne s’y trompe guère et se lève, comme un seul homme, pour saluer la prestation de celui que la presse transalpine surnomme désormais “FR7”. Une standing ovation ô combien méritée que l’intéressé prend le soin d’apprécier, puis de remercier par des applaudissements adressés en retour. Il faut dire qu’à défaut de voir leur équipe l’emporter, les tifosi Rossoneri ont pu admirer le récital proposé par l’ex-international français. Dès la 12ème minute de jeu, “Francky” profite d’une erreur de Calhanoglu pour filer seul vers le but adverse gardé par Donnarumma. Parti du milieu de terrain et du haut de ses 36 printemps, le Kaiser s’en va défier, seul, la paire Musacchio-Romagnoli qu’il mystifie d’un délicieux extérieur-intérieur pied droit. S’il butte ensuite sur le portier du Milan, la suite de l’action offre un pénalty à son équipe toute de verte vêtue cette fois-ci. La “Viola” mène 1-0.

San Siro, jardin du Kaiser Franck

Face à une équipe complètement inoffensive, la Fiorentina se contente de “subir” pour mieux évoluer en contre et profiter de la vitesse de ses ailiers que sont Chiesa et FR7, donc. Car oui, à 36 ans, Ribéry court et pas qu’un peu. Rares sont d’ailleurs les offensives qui ne passent pas par ses pieds. Prise de balle, accélérations, vista, dribbles, une-deux, passes dans la profondeur et dans les intervalles, Ribéry est partout et ne cesse de régaler. Véritable détonateur sur son côté gauche, il mystifie, semaine après semaine, les courageux défenseurs qui osent lui faire face. Nouvel victime dan la liste du français : Musacchio. Complètement dépassé par le talent de Francky, le défenseur argentin perd la tête et lui adresse une véritable semelle juste avant l’heure de jeu. D’abord sanctionné d’un carton jaune, il voit logiquement rouge après examen de la VAR et s’en va directement soigner ses maux de têtes à coup de Doliprane 1000 dans les vestiaires. Dès lors, la partie semble jouée mais elle ne pouvait s’achever sans un dernier récital du français. Servi par le jeune Chiesa à l’entrée de la surface, il contrôle du gauche, enrhume Calabria et Duarte d’une feinte de frappe et prend finalement Donnarumma à contre-pied grâce à sa patte droite. En trois petites touches de balle et autant de secondes, il s’en va donc inscrire le troisième but de la rencontre synonyme de victoire écrasante.

“Certains disaient que j’étais vieux quand je suis arrivé ? C’est vrai, je suis vieux (rires). Mais j’aime trop le football, c’est ma vie. J’ai encore faim” Au micro de Sky, vu sur @Guillaumemp via Twitter.

Accueilli comme une véritable rockstar lors de sa signature officielle le 21 aout dernier, Ribéry est (déjà) en train de rendre l’amour donné par les tifosi de la Viola à son égard. Conseillé par son grand ami Luca Toni du temps de ses années bavaroises, Ribéry a donc souhaité relever un véritable challenge sportif plutôt que de répondre à l’appel des pétrodollars. Un choix qui a surpris mais qui n’est finalement pas si étonnant venant d’un tel compétiteur. Si sa divine prestation d’hier face au Milan fut massivement relayée par les médias, elle n’en demeure pas la seule. Remplaçant lors des deux premières journées (pour un total de 32 min disputées), Ribéry est devenu – dès sa première titularisation – un élément indispensable du 11 de départ de Vincenzo Montella. En effet, après deux défaites inaugurales la Viola est invaincue depuis que Franck est titulaire au coup d’envoi. S’en sont suivis deux nuls puis deux victoires – le tout en ayant déjà joué le Napoli, la Juve, l’Atalanta et le Milan – qui permettent à une Fiorentina de s’afficher comme un outsider séduisant pour la qualification à la prochaine Ligue des Champions. Un événement qui n’est plus arrivé depuis la saison 2009/2010 à Florence. Avec un contrat étalé sur deux saisons, Kaiser Franck peut donc se fixer l’objectif de disputer une dernière fois la plus prestigieuse des compétitions européennes avant de tirer sa révérence. Un dernier challenge séduisant et à la hauteur de son talent.

Grazie Ribéry ©maxifoot.fr

Max MIOTTO

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