Chaque semaine, Démarquage revient en détail sur une ancienne figure de notre championnat de France. Nombreux sont les joueurs à avoir marqués l’Hexagone pour leur talent footballistique mais également pour leur style atypique sans oublier ceux qui ont plus fait parler d’eux hors des terrains. Bref, des figures qui ont provoqué rires, larmes, colères et tristesses mais qui resteront – en bien ou en mal – dans les annales de notre championnat. Malheureusement, beaucoup d’entre eux glissent doucement dans l’oubli, l’occasion pour Démarquage de se rappeler à leurs bons – ou mauvais – souvenirs. 

 

Episode 1 : Les voyages de Yohan Mollo

 

Après 10 ans de carrière dans le football professionnel, on peut déjà affirmer que l’ancien international espoir âgé aujourd’hui de 29 ans fait partie de la catégorie des “Football Globe-trotters”. Kezako ? Pour comprendre de quoi il s’agit, il suffit simplement d’appliquer la définition d’un globe-trotter dans l’esprit footballistique. Ce qui donne : Footballeur qui passe le plus clair de son temps à voyager, à parcourir le monde, le plus souvent seul et en quête de rencontres. Synonymes : Freddy Adu, Nicolas Anelka, Christian Vieri et Yohan Mollo.

Mollo, Yohan. Image : www.footballski.fr

Pourtant, à l’instar de nombreux jeunes joueurs français, la carrière de Yohan avait laissé entrevoir de belles promesses. Formé à l’AS Monaco, il effectue sa première saison chez les pro en 2008 alors qu’il a tout juste 19 ans. Grand fan de CR7, il évolue au même poste initial que son idole (ailier/milieu gauche) et n’hésite pas à tenter les mêmes gestes que la star portugaise. Passement de jambes, coup du foulard, virgule, le natif de Martigues présente une palette de gestes techniques bien remplie. Ses premiers mois sont convaincants à tel point qu’il est appelé pour la première fois en Equipe de France espoirs. Par deux fois, il est même élu meilleur joueur du mois du club de la Principauté. Mais alors que sa carrière s’annonce vertigineuse, rien ne se passera plus comme prévu et le jeune Yohan va laisser entrevoir un trait de sa personnalité qui ne le quittera plus.

Yohan Melon

“La saison de la confirmation” permet généralement de différencier une jeune pépite d’un futur grand talent. Malheureusement pour Yohan, sa première bonne saison va être particulièrement difficile à digérer. D’abord, parce que sa prolongation de contrat peine à aboutir et donne lieu à de premières frictions avec ses dirigeants. S’en suit une saison gâchée par les blessures, le manque de temps de jeu et des affaires extra-sportives. Un méli-mélo complexe qui l’oblige à quitter le club en prêt la saison suivante. Il rejoint alors le Stade Malherbe de Caen, promu en Ligue 1 avec lequel il réalise une très bonne saison matérialisée par 4 buts et 3 passes décisives en 35 matchs disputés.  Mais en février 2011, alors qu’il retourne en Principauté pour y affronter son club formateur, il laisse à nouveau paraître un comportement peu appréciable. Mené 2 à 1, Caen s’en remet au talent de son ailier gauche qui égalise d’un coup franc direct. A l’issue de la rencontre, il déclarera “Voilà, j’emmerde tout le monde, et je prouve que j’avais ma place dans cette équipe l’année dernière”. Une réaction qui ne passe pas auprès des dirigeants monégasques à tel point qu’il est convoqué par le Conseil national de l’éthique. A travers plusieurs déclarations, il finit par s’excuser et déclare vouloir aider son club formateur à remonter en Ligue 1 après avoir fini 18ème du dernier exercice. Mais alors qu’il effectue son retour de prêt en Principauté, il plie finalement ses bagages et rejoint précipitamment l’Espagne et le club de Grenade sans même en avertir ses dirigeants. Sa réputation d’enfant gâté, turbulent et imbu de sa personne ne le quittera plus.

Intermittent du spectacle

A l’été 2011, sa signature à Grenade pour 1 million d’euros marque le début de sa carrière de football-globe-trotter. En 8 ans, il évoluera dans 7 clubs différents (Grenade, Nancy, Saint-Etienne, Krylia Sovetov, Zenith, Fulham et Al Rayyan) multipliant les prêts, retour de prêts, signature dans des anciens-nouveaux clubs etc. Un véritable imbroglio contractuel, à l’image de sa personnalité finalement. En avril 2015, alors qu’il évolue sous les couleurs de Saint-Etienne, il déclare ainsi dans les colonnes du Journal Du Dimanche : “Yohan Mollo est fan de Yohan Mollo. Je suis égocentrique et je l’assume. Le plus important, c’est moi ! Parce que si je ne deviens pas meilleur, je ne pourrai pas aider mon équipe” avant d’ajouter sobrement “Mes muscles, c’est comme une deuxième personne à l’intérieur de moi, je les traite bien. Je pense que je ne suis pas vilain, mes photos plaisent. J’ai des propositions de groupies sur les réseaux sociaux, mais ça ne m’intéresse pas. »

Bataille d’égos . AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES

 

Voilà finalement à quoi pourrait se résumer Yohan Mollo, un garçon talentueux mais psychologiquement instable. Talentueux car – faut-il le rappeler – le joueur formé à Monaco a été l’auteur de prestations savoureuses comme l’atteste ses 11 passes décisives délivrées lors de la saison 2012-2013 avec les Verts, qui le place à la 3ème position des meilleurs passeurs de Ligue 1 (devant Javier Pastore et Ibrahimovic notamment). Malheureusement, il ne sera jamais parvenu à enchaîner les bonnes prestations et se pérenniser dans un club plutôt que d’accumuler les va-et-vient. Dernière exemple en date, alors qu’il réalise une bonne saison avec l’énigmatique club russe Krylia Sovetov promu en première division, il est recruté par le prestigieux et dominant club du Zentih St-Pétersbourg. A 26 ans, on se dit alors que la carrière de Mollo va enfin tourner dans le bon sens, lui qui fait désormais partie d’un club habitué à disputer la Ligue des Champions. Seulement, une fois de plus, l’histoire se répète. 6 mois seulement après son arrivé, Mollo s’en va, la faute à un doigt d’honneur adressé à ses propres supporters alors qu’il évoluait avec l’équipe réserve.


Un énième clap de fin qui le ramène aujourd’hui dans son pays natal puisqu’il vient de signer à Sochaux, club qui lutte actuellement pour ne pas descendre en National. A 29 ans, cela semble être véritablement la dernière chance pour un joueur dont on a trop souvent parlé en mal – la faute à des comportements incompréhensible – délaissant complètement les bonnes performances sportives qu’il est en mesure de produire. A lui d’inverser cette tendance et de montrer, qu’à l’aube de ses 30 ans, ses nombreuses erreurs commises ne sont plus qu’un lointain souvenir.


Max MIOTTO

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