Une semaine après le cataclysme en Ligue des Champions qu’il a lui même orchestré, les mêmes questions restent toujours sans réponses concernant l’avenir du PSG. Quid du projet “Dream Bigger” entamé 9 ans plus tôt ? Thomas Tuchel est-il encore l’homme de la situation ? De nombreux points d’interrogations viennent noircir le ciel parisien. Pourtant, malgré la tempête, Nasser Al-Khelaifi assure tout haut que son PSG rebondira, comme après chaque désillusion européenne finalement…

Le jour où tout a basculé…

Entre honte et rachat

Mardi dernier, les 45 000 personnes présentes au Parc des Princes ont pu, bien malgré elles, assister à un nouveau rebondissement historique de ce sport. Jamais une équipe ayant gagnée au match aller 2-0 à l’extérieur en Ligue des Champions n’avait réussi à se faire éliminer au retour. Un nouvelle ligne à ajouter à la déjà très grande liste des “Remontada” subie par le PSG en Europe. A croire que les précédentes éliminations rocambolesques n’ont pas été suffisamment traumatisantes pour servir de leçon aux joueurs parisiens. “C’est impossible”, “Ils ne le feront jamais”, “Remontada toi même, blaireau”. Pourtant, les années passent et se ressemblent telles deux gouttes d’eau. Chaque année, c’est le même refrain : une élimination précoce en LDC suivie de nombreux chamboulements dans l’organigramme du club auxquelles des promesses de réussite viennent s’ajouter pour finalement en arriver sans cesse à la même conclusion. Certains ont préféré se cacher derrière l’arbitrage plutôt que de faire profil bas quand d’autres ont tourné des vidéos – bien mieux préparés que le match face à Manchester – pour s’excuser publiquement.

Dans la bourrasque parisienne un homme, pourtant peut habituer à subir de telle cataclysme au vu de la Deutsche Qualität qui coule habituellement dans ses veines, tente de rester droit dans ses bottes : “Je veux rester longtemps ici ! Je veux grandir avec le club, c’est absolument clair.” Des nouvelles qui donnent le sourire tant les semaines à venir vont être décisives pour l’avenir du club. Et c’est peu de dire que Thomas Tuchel a du pain sur la planche concernant l’effectif actuel parisien. Entre le poste de gardien, le chantier au milieu de terrain et les incertitudes offensives, le tacticien allemand va devoir charbonner. Mais ça tombe bien puisque Nasser a assuré qu’il lui léguera bientôt les pleins pouvoirs. L’occasion d’envoyer une pique à l’actuel directeur fictif, euh … sportif, pardon, du PSG, Antero Henrique. Si le projet parisien avait démarré en trombe avec la paire Leonardo-Ancelotti, le poste de directeur sportif reste la grosse interrogation depuis le départ prématuré du Brésilien lié à sa fameuse poussette. Un poste tellement important qui porte préjudice à un projet qui ne demande qu’à se développer. Cette manie de s’auto détruire semble devenir l’ADN du PSG. Jadis il y avait la crise du mois de novembre, à présent il y a celle des huitièmes de finale de Ligue des Champions.

Quel avenir pour ce groupe ?

Messieurs, il y a du pain sur la planche. © Icon Sport

Des cadres vieillissants, des jeunes en manque de confiance, des stars aux egos surdimensionnés, le cocktail est assez épicé pour Tuchel. Avec les pleins pouvoirs, le ménage doit absolument avoir lieu lors du mercato estival. La première priorité ? Miser sur un gardien qui, à l’instar de tous les grands clubs européens, puisse te faire gagner des matches à lui seul. Et dire que la direction a salement demandé à Sirigu de plier bagage, lui qui cartonne désormais avec le Torino.

En défense, plusieurs postes sont à pourvoir tant les performances des latéraux sont erratiques. La colonne vertébrale Thiago Silva-Marquinhos-Kimbempe ne devrait pas bouger, puisque Tuchel a répété avoir confiance en ses trois protégés. Reste le problème des latéraux, éléments essentiels du dispositif parisien mais qui ne donnet pourtant pas satisfaction, mis à part le surprenant Bernat. Le gros chantier reste tout de même l’entre-jeu. Jouer une Ligue des Champions avec Marco Verratti comme seul vrai milieu de terrain est une hérésie. La vente de Lo Celso reste d’ailleurs comme l’une des rares erreurs de Thomas Tuchel même si ce dernier avait demandé à Antero Henrique un numéro 6 qui n’est jamais arrivé. Marquinhos et Verratti ont essayé tant bien que mal de masquer cette supercherie d’autant plus flagrante avec l’exclusion de Rabiot du groupe. Malheureusement, le mal était déjà fait. Concernant le cas du désormais futur-ex joueur du PSG, le problème s’est aggravé de jour en jour. Depuis décembre, Adrien s’entraîne à l’écart du groupe sans que son coach ait la main mise sur la situation. Un contexte qui trottait sûrement dans les têtes de plusieurs joueurs du PSG. De nombreux supporters ont également exprimé leur mécontentement compte tenu de l’implication d’Adrien Rabiot dans le groupe parisien. Autant dire que la sortie en boîte le soir de l’élimination face à MU n’a pas calmé la situation.

Outre les problèmes du milieu de terrain et le casse tête du gardien, l’attaque a besoin d’un profond remaniement. Si Nasser a assuré que Neymar resterait au moins jusqu’à la fin de la saison prochaine, qui de Kylian Mbappé ? Fraîchement de retour au Real Madrid, Zinedine Zidane aurait déjà coché son nom dans la liste des recrues lors du prochain mercato estival. Le flou plane toujours autour d’Edinson Cavani, peu en vue depuis sa blessure contractée en novembre. A-t-il toujours un avenir au club en tant que numéro 9 ? Comme chaque année, la question méritera d’être posée en fin de saison. Enfin, qu’en est t-il de Julian Draxler et Angel Di Maria ? Deux ailiers avec un talent monstre mais tellement irréguliers. Installer une concurrence saine pour que chacun d’entre eux puisse donner le meilleur d’eux mêmes semble être la meilleure solution. Les situations des jeunes joueurs sortant du centre de formation sont aussi une source de questionnements. Quid des Nkunku, Diaby, Dagba et autre Bernede, et quelle est leur place dans le projet parisien ? Tuchel semble tenir à la jeunesse parisienne, mais le fossé entre les “titis parisiens” et le très haut niveau semble encore trop grand.

A l’heure d’affronter Dijon ce mardi à 19h, les joueurs du PSG entament la “semaine du pardon” qui se terminera par la réception de l’OM dimanche prochain. Désormais, chaque match sera décortiqué au peigne fin et l’erreur ne semble plus permise, jusqu’au prochain huitième de finale de LDC… Malgré tout, que serait le sport sans déception ? L’évolution procède par tâtonnement, elle explore, tombe sur des impasses mais revient toujours en arrière pour mieux se relever. Trouver une stabilité est plus que jamais le maître mot du projet parisien. 

 


Zacharie Curiel

Adepte de virgules, de points d'exclamation et de petits ponts.


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