Cher Javier,

Je t’écris aujourd’hui pour te remercier. Te remercier d’avoir porté la tunique de l’équipe que j’aime depuis mes 10 ans, le PSG. Te remercier d’avoir pu faire chavirer mon cœur à un âge où mes sentiments s’épanouissaient dans ma vie d’adolescent. Cette lettre n’est pas une lettre d’adieu. Ni une pétition pour que tu restes au PSG. Je pense qu’il faut simplement savoir apprécier les choses au bon moment.

Derrière cette élégance balle au pied se cache un réel désir de ralentir le temps. L’héritage de « l’enganche » argentin que tu portes naturellement en toi vient rajouter du piment à ta si douce et soyeuse panoplie technique. Tu sais, ce petit truc qu’avait tes illustres ancêtres argentins tels que Riquelme, Aimar et consorts. Cette petite touche de fantaisie que peu de joueurs sont capables d’apporter à une rencontre. D’ailleurs, tu les auras un peu imiter dans ta carrière, tu ne trouves pas ? Mais si, souviens-toi de ce but…

Tous les amoureux du beau football ont encore en tête ce chef d’œuvre récité face à Chelsea. C’était au Parc lors d’une nuit d’avril qui rime forcément avec soirée Ligue des Champions. On jouait les toutes dernières secondes d’une partie que l’on menait 2 à 1, Jallet cherche une solution sur une touche et décide de te la donner malgré 3 joueurs à ton marquage. La suite, c’est tout simplement la preuve que art et football peuvent ne faire qu’un, à condition qu’il soit joué par des magiciens. A cet instant là, j’ai eu l’impression de voir un artiste de ballet professionnel réciter sa chorégraphie muni d’un ballon aux pieds. Une ode à l’amour du football. Un poème célébrant une désinvolture assumée. Un pur moment de grâce que tu as su nous offrir parmi tant d’autres.

Tout commence par ce premier but au Parc des Princes. Ancien logo du PSG sur le plastron, numéro 27 dans le dos, tu as débloqué le match avec cet amour de piqué en lucarne gauche. Encore un moment où le temps s’est soudainement ralenti.  Ah… qu’elle semble loin cette époque. Avec cette belle bande rouge sur le maillot. Ton bagage technique est tellement vaste, tellement fourni. Il y a ces petits ponts aussi. Les « tunnels » que tu maîtrises si bien. Juste une caresse au ballon suffisait à ce que le cuir se meut entre les jambes d’un adversaire déjà condamné. Merci pour ces moments de grâce, Javier. Merci pour toutes ces louches et tous ces piqués que tu nous a offerts. Si je devais tous les énumérer, ma lettre deviendrait un roman. Un roman adoubant le football.

Tu es maintenant le plus ancien joueur du PSG. On ne va pas se remémorer les désastres que l’on a subis. C’est vrai qu’on aurait aimé que tu nous la ramènes, cette Coupe aux Grandes Oreilles. Mais soit, tout ne peut pas être parfait. Mais je te sais confiant : «Ça fait toujours mal. On a fait des grands matchs en Ligue des champions. On a besoin d’améliorer beaucoup de choses pour passer ces phases-là. Le club arrivera à gagner la Ligue des champions ».

Désormais l’effectif devient trop large, les millions s’accumulent et le plaisir de jouer se fait rare. Les premières années furent belles, pleines de promesses. Javier, toi le premier recrutement du PSG version Qatar, tu as joué avec les Menez, Gameiro, Nene. Maintenant, c’est au tour des Neymar, Mbappe, Draxler et consorts de prendre la relève. Un changement radical d’effectif devenu presque inévitable compte-tenu des ambitions de plus en plus grandissantes du club. Soit. La vie est trop incertaine pour la prévoir.

C’est donc là que l’on se dit au revoir.

L’aventure est surement finie Javier. Je me veux réaliste. Après ce fameux but contre Chelsea, j’avais répété maintes et maintes fois que je t’emmènerais, en portant tes valises, dans le prochain club que tu voudrais rejoindre. J’aurai évidemment souhaité que tu restes au PSG jusqu’à la fin de ta carrière, mais ce serait être trop égoïste. Un artiste du ballon rond comme toi doit pouvoir montrer son talent aux yeux de la planète football. Tu vas désormais rejoindre l’Italie, la terre de tes débuts, celle qui t’a fait devenir le joueur que tu es aujourd’hui. De tout coeur, j’espère que tu retrouveras à Rome ce plaisir de tâter la Pelota. Un plaisir qui t’as toujours animé et qu’on pouvait ressentir depuis les gradins du Parc et ailleurs. Je te souhaite bonne route, Javier et le meilleur pour la suite de ta carrière. Sache aussi que les portes du PSG te seront toujours ouvertes et celles de nos cœurs encore davantage.

Ciao El Flaco et merci pour ces 7 années de pur bonheur.

source image : le-onze-parisien.fr

Zacharie Curiel

Adepte de virgules, de points d'exclamation et de petits ponts.


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