De retour dans sa Normandie natale après avoir baroudé du côté de l’Espagne, Fayçal Fajr est l’une des bonnes surprises de ce début de saison en Ligue 1. Désormais âgé de 30 ans et fort d’une expérience plutôt convaincante à l’étranger, c’est dans un rôle de leader aussi bien technique que moral que l’international Marocain a fait son retour à Caen. Décryptage.

 

L’élégance selon Fayçal. (Photo : Stéphane Geufroi)

 

Partir un jour …

Avant son retour cet été, la dernière apparition de Fajr en Ligue 1 remontait à mai 2012. C’était déjà sous les couleurs « Blaugrana » du Stade Malherbe, opposé à Lille, et qui ne pu éviter une cinglante défaite 3-0 synonyme de relégation. A l’époque, Lille évoluait pour la dernière fois dans son stade Villeneuve d’Ascq, le PSG buttait face à la surprise Montpellier sacrée champion de France et Evian Thonon Gaillard n’était pas (encore) qu’un lointain souvenir. Quant au principal intéressé, il évoluait un cran plus haut sur le terrain, parfois même en position de numéro 10.

La descente du Stade Malherbe en Ligue 2 permet à Fajr de s’imposer comme un titulaire indiscutable du onze de base Caennais. Deux années durant, il fait l’étal de toute sa classe affublé du numéro 10 dans le dos. Toutes compétitions confondues, il totalise 70 rencontres pour 15 buts marqués et surtout 22 passes décisives dont 15 lors de sa dernière saison, celle de la montée. Fort de ce titre honorifique de meilleur passeur, Fayçal décide d’aller voir ailleurs malgré le retour de son club dans l’élite. Un choix qui s’explique par la volonté du joueur de découvrir un football nouveau, celui d’Espagne. Il signe donc à Elche et restera 4 années de l’autre côté des Pyrénées, sous les couleurs du Deportivo La Corogne ensuite, puis de Getafe. Au sein d’un pays qui domine la planète football, Fayçal complète sa palette technique et goûte avec plaisir au football de possession. Placé au cœur du jeu, il fait parler sa science footballistique. Véritable métronome, son séjour espagnol lui permet d’épurer au maximum un style parfois entaché de quelques touches de balle superficielles. Des performances qui ne passent pas inaperçues dans son pays d’origine, le Maroc. En novembre 2005, il connait ainsi sa première sélection avec les Lions de l’Atlas.

 

Bisous du Maroc ! (Photo : Reuters)

 

… Pour mieux revenir

Devenu un membre essentiel du onze de Getafe la saison passée, il glane assez logiquement sa place parmi les 23 convoqués pour la dernière Coupe du Monde. Malheureusement, Hervé Renard lui préfère des joueurs comme El Ahmadi ou encore Boussoufa et ne dispute en tout et pour tout qu’une petite demi-heure lors des 3 seuls rencontres disputées par le Maroc. Début août, il retourne en Normandie et signe à Caen, au sein d’une Ligue 1 qui se veut de plus en plus prometteuse et talentueuse. A peine arrivé, il récupère le numéro 10 qu’il avait laissé en partant et s’impose évidemment comme un titulaire indiscutable du milieu Caennais.

 

“Que des numéro 10 dans ma team”. (Photo : Twitter officiel du SM Caen)

 

Depuis le début de saison, il a disputé l’intégralité des 9 rencontres de Ligue 1. Véritable métronome du jeu de son équipe, il régale les pelouses françaises de toute sa classe. Sur de ses forces, il transmet une sérénité aussi bien technique que mental à ses coéquipiers. Technique, puisqu’il dispose d’un pied droit magique qui lui permet de multiplier coup-francs et corners. De véritables galettes dont des joueurs aériens comme Beauvue et Crivelli se régalent. Mental, puisque le néo-trentenaire est désormais devenu un cadre du vestiaire normand. Récemment élu meilleur joueur du Stade Malherbe pour les mois d’août et de septembre par ses supporters, Fajr en veut toujours plus. Éternel insatisfait ou grand ambitieux, c’est selon, il espère maintenir son club dans l’élite le plus rapidement possible. Auteur d’un but et d’une passe décisive, il sera l’un des éléments clés pour parvenir à cette mission.

A l’heure de disputer sa 100ème rencontre sous le maillot Caennais face à Guingamp, Fayçal Fajr est l’une des bonnes surprises de ce début de championnat. Du haut de ses 30 ans, il fait partie de ces joueurs qui, à l’instar du bon vin, semblent mûrir avec le temps. Une cure de jouvence qui devrait faire un bien fou au SM Caen dans son opération maintien. 


Max MIOTTO

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