La liste des 23 Bleus qui défieront la Moldavie et l’Islande les 22 et 25 mars vient de tomber. Autant vous dire qu’on est vraiment déçu de ne pas voir un certain Kevin Malcuit intégrer cette liste. A un poste d’arrière droit toujours dépourvu depuis tant d’année en sélection, cela n’aurait été qu’une juste récompense de faire appel à celui qui s’éclate actuellement en Italie. D’autant qu’il affiche haut et fort son rêve d’évoluer pour les Bleus.

Malcuit s’éclate en Italie, mais attend toujours les Bleus… / image: www.goal.com

Si Kevin Malcuit s’est d’abord fait un nom sous les couleurs stéphanoises, il a d’abord du se frayer un chemin parmi les divisions nationales inférieures. Formé au désormais mythique Racing Club de France pendant son adolescence, il rejoint Monaco à l’âge de 16 ans. Durant trois longues années sur le Rocher, il parfait sa formation mais n’intègre jamais véritablement l’équipe première. A presque 20 ans, il quitte donc la Principauté avec un léger goût d’échec et enchaîne les aventures dans des clubs moins prestigieux comme Vannes, Fréjus Saint-Raphaël et Niort. C’est à trois jours de la clôture du mercato estival 2015 que le Niortais signe à l’AS Saint-Étienne. Alors âgé de 24 ans, la carrière de Malcuit semble enfin se lancer ! Et puis, en fait… non. S’il a bien évolué dans sa gestion des jeunes joueurs depuis qu’il entraîne le LOSC, Christophe Galtier est – à l’époque – bien plus frileux pour lancer des jeunes pousses dans le grand bain. Conséquence, Malcuit ne dispute que 9 matches de championnat pour sa première saison dans l’élite mais montre déjà des qualités physiques impressionnantes. C’est le départ d’une fantastique ascension.

Sa drogue à lui, c’est le foot ©AFP

La saison suivante est celle de la révélation. Il dispute 34 rencontres toutes compétitions confondues, dont six d’Europa League, et délivre 4 passes décisives. A l’époque, Geoffroy Guichard le place rapidement parmi ses chouchous de l’effectif. Porté vers l’offensive, il ne cesse de créer des décalages sur son côté droit. Rapide aussi bien pour attaquer que lorsqu’il s’agit de revenir défendre, son endurance lui permet d’accumuler les aller-retours durant 90 minutes. Malgré tout, pour sa première vraie saison comme titulaire, Malcuit montre quelques lacunes. Son côté encore “foufou” sur le terrain lui coûte notamment quelques pertes de balles et erreurs techniques évitables. Très agressif dans les duels, il commet parfois des fautes bêtes qui lui ont valu 2 cartons rouges cette année-là. Enfin, il est parfois trop aléatoire dans son repli défensif ce qui a tendance à agacer son entraîneur. De-là, naît d’ailleurs une relation parfois houleuse avec Christophe Galtier qui coûtera le départ de Malcuit vers Lille, alors que Bielsa lui fait les yeux doux. Une opportunité qui a de quoi enchanter le natif de Chatenay-Malabry. Malheureusement, le rêve tourne vite au cauchemar lorsque Bielsa quitte précipitamment le navire lillois et condamne le club à jouer le maintien. Pour éviter une descente en Ligue 2, les dirigeants font appel à Christophe Galtier. Un choix payant puisque Lille se redresse mais qui ne convient pas au latéral droit qui, malgré une excellente saison individuelle (5 passes décisives en 25 rencontres), quitte les Dogues à cause de ses relations tumultueuses avec le coach. Son départ est très vite signé aux alentours de 12 millions d’euros et c’est ainsi qu’il prend la direction de Naples à la conquête de l’Italie.

Malcuit est en train de mettre la botte à ses pieds

Si l’on critique souvent les choix de carrière de certains joueurs vers d’étonnantes destinées – où le projet sportif ne semble pas toujours être le premier motif de départ – Malcuit est un garçon posé, réfléchi et sportivement ambitieux. Attristé par le départ de Bielsa la saison précédente, il n’hésite pas longtemps lorsque l’opportunité de travailler au côté d’un certain Carlo Ancelotti se présente. Un choix ô combien intelligent quand on connait l’importance qu’accorde Mister Carlo à ses latéraux. Demandez-donc aux tifosi du Milan l’importance qu’il accordait à ceux-ci dans son fameux système en “Arbre de Noël” au milieu des années 2000. Fraîchement débarqué dans le sud de l’Italie, l’aventure débute par une scène assez cocasse lorsque le néo-entraîneur de Naples est questionné par un journaliste concernant le recrutement de l’ancien lillois. On vous laisse découvrir la séquence ci-dessous.

 

Alors, simple incompréhension ou véritable méconnaissance de la jeune recrue ? Peu importe, la scène aura eu le mérite de faire sourire les observateurs de l’autre côté des Alpes. Toujours est-il que la saison débute et Malcuit doit d’abord prendre son mal en patience en restant les 5 premières journées de Serie A sur le banc des remplaçants. Ce n’est qu’après 5 semaines de compétition qu’il goûte à sa première apparition : une titularisation sur son côté droit préférentiel face à Parme. Sa première prestation est jugée plus que satisfaisante par Ancelotti lui-même qui loue son abnégation : “j’ai confiance en lui, il arrivera (à gommer ses erreurs, ndlr) par son travail quotidien à l’entraînement, qu’il reproduit très bien sur le terrain“. Une marque de confiance qui s’en suit par un temps de jeu grandissant. Il faut dire qu’avec la Ligue des Champions à jouer et la blessure de Ghoulam, Ancelotti n’a pas d’autres choix que de faire tourner entre les 3 arrières latéraux de formation que sont Hysaj, Rui et Malcuit. Mais lorsque l’international algérien fait son retour et récupère sa place de titulaire à gauche, Ancelotti se trouve face à un dilemme quant au poste d’arrière droit. Hysaj, titulaire indiscutable et remarquable depuis 2015 tient la corde face à Malcuit mais le français gratte petit à petit son retard et voit son temps de jeu sacrément augmenter. Avant le retour de Ghoulam début décembre, Malcuit ne dispute que 8 rencontres (dont 5 en tant que titulaire) en 19 matches disputés. Depuis, il en a disputé 10, dont 8 en tant que titulaire malgré une concurrence plus féroce marquée par le retour à la compétition de l’autre ancien stéphanois.

S’il est encore loin d’avoir gagné sa place de titulaire, Malcuit démontre toutes ses qualités rencontre après rencontre et affiche aux yeux de l’Italie, son énorme volume de jeu. Rapide aussi bien dans l’apport offensif que pour revenir défendre, le français ne ménage pas ses efforts et présente toutes les qualités de l’arrière droit moderne par excellence. Une montée en puissance qui se traduit par ses deux premières passes décisives, face à Bologne fin décembre, puis en Europa League face à Zurich le mois dernier. Une progression aussi rapide que ses déboulés côté droit et qui aurait bien mérité une sélection en Equipe de France.

Qu’on se le dise, si le français fait face à une féroce concurrence en club, le poste d’arrière droit est totalement dépourvu en Equipe de France depuis bien trop longtemps. A tel point qu’on a vraiment du mal à admettre qu’il soit une nouvelle fois mis de côté par Didier Deschamps. D’autant que cela aurait été une juste récompense pour ce joueur si talentueux et pas avare d’efforts. Reste à souhaiter que cela ne soit qu’un oubli et que l’on voit rapidement Kevin Malcuit fêter sa première sélection en Bleu. 


Pierrick IMBERT

"Il n'y a pas d'endroit dans le monde où l'homme est plus heureux que dans un stade de football."


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