Parmi les grands atouts de la Seleçao, on retrouve Ricardo Quaresma. A 34 ans, le champion d’Europe dispute sa première Coupe du Monde. 

© Facebook – Ricardo Quaresma

Dans le groupe du Portugal pour la Coupe du Monde 2018, on retrouve un certain personnage souvent plus proche du futsal que du foot à onze sur une pelouse bien arrosée. Ricardo Quaresma va réaliser un de ses plus grands rêves : disputer un Mondial avec son pays.

La carrière professionnelle de celui qu’on surnomme “Harry Potter” pourrait intéresser des producteurs Hollywoodiens fans de MLS. Le film, vacillant entre documentaire et fiction, se tournerait dans la banlieue de Porto, à Gondomar.

Petits ponts & dragons

Entre l’inventeur/théoricien de la trivela (extérieur du pied droit) et le FC Porto, c’est avant tout une longue histoire d’amour. En effet, c’est sous les couleurs Azuis e brancos (bleues et blanches) que Ricardo Quaresma est devenu l’une des grandes promesses de sa génération.

Après un transfert décevant au Barça en 2003 et un litige avec Rijkaard, il revient au Portugal et retourne au FC Porto peu après la défaite en finale de l’Euro 2004 (qu’il n’a pas disputé) face à la Grèce, mais surtout suite au sacre des Dragons en Ligue des Champions, face à l’AS Monaco.

Dès son premier match, en finale de Supercoupe du Portugal, Quaresma marque le seul but de la rencontre face au rival Benfica. L’histoire débute de la plus belle des façons pour le natif de Lisbonne qui remporte 3 championnats du Portugal entre 2006 et 2008.

Les feux de la rampe

Vous l’aurez sans doute remarqué mais Ricardo Andrade Quaresma Bernardo, de son vrai nom, a un style bien particulier. Tout d’abord ses shorts sont très souvent portés une taille au-dessus, ce qui ajoute à ses multiples tatouages (notamment une larme sous l’œil) et ses deux pieds – aussi magiques que tordus – une pointe de personnalité en plus de sa palette technique. Rappelons au passage que son pied fort est sa patte gauche.

Quelque chose d’incompréhensible gravite autour de ce grand “gâchis” du football. Au même titre que Luis Nani par ailleurs, Quaresma est l’un des plus forts potentiels que le Portugal ait connu et pourtant, sa carrière a pris une drôle de trajectoire.

A l’été 2008, fraîchement auréolé d’un titre de “meilleur joueur” de son championnat natal, il retente sa chance à l’étranger. Alors que plusieurs grands clubs lui font les yeux doux, il rejoint la Serie A où l’Inter Milan décide de lui offrir une seconde chance. Fort de son nouveau statut, Ricardo compte bien remettre les pendules à l’heure et faire de sa mésaventure barcelonaise un lointain (mauvais) souvenir.

Vents contraires

Après avoir manqué la Coupe du Monde 2006, Luiz Felipe Scolari l’utilise lors des matchs de qualifications pour l’Euro 2008. Quaresma est cette fois appelé et s’illustre tristement lors d’une défaite 0-2 face à la Suisse, à l’occasion de la dernière rencontre du groupe.

Au bout de deux saisons, son expérience en Italie apparaît également comme un désastre. Il est même désigné “pire joueur du championnat” et décolle vers Londres en 2009, au mois de janvier, rejoindre celui qu’on appelait “The Special One”. Là encore Quaresma cire le banc avec 4 petits matchs au compteur et assiste, impuissant, au sacre de Cristiano Ronaldo et Manchester United, à nouveau rois d’Angleterre.

La saison suivante, il disparaît encore un peu plus des radars. On pense sérieusement perdre un joueur doté d’un grain de folie qui peut changer le scénario d’une rencontre autant qu’il peut divertir les spectateurs. Car rappelons le, le football est aussi fait pour être joué comme son ancien coéquipier Ronaldinho le faisait. Du grand plaisir pour les yeux.

Totalement perdu, Quaresma prend du bidon et file en Turquie retrouver du temps de jeu et tenter de se relancer. Il aime son pays et son sélectionneur, Paulo Bento aussi. En 2012, il est de la partie lors de l’Euro en Pologne et en Ukraine sans pour autant jouer le moindre match.

Telle une rockstar, le joueur plaque tout et rejoint ensuite Dubaï pendant un an et demi, à Al-Ahli. Sa carrière et son jeu de jambes semblent alors foutus en l’air. En 2010, le Portugal de Carlos Queiroz décide même de partir en Afrique du Sud sans lui. Quatre ans plus tard, il est de nouveau absent de la liste de Paulo Bento pour se rendre au Brésil. Face au mur, Quaresma décide de tout reprendre à zéro (ou presque).

Rédemption

Jusque là, le long métrage est sympatoche. Le profil du sportif déchu vous plait et vous donne envie de savoir comment et quand arrive l’Euro 2016. Minute papillon ! Avant ça, Quaresma revient 3 saisons à Porto et retrouve son meilleur niveau. Il est alors prêt pour revenir à Istanbul et s’imposer au Besiktas où il remporte le championnat la même saison que lors du premier sacre du Portugal.

D’une manière où d’une autre, le retour aux origines lui a réussi au point de partir en France avec ses vieux copains. Buteur dans les derniers instants face à la Croatie, la rédemption a lieu. En finale, il remplace CR7 et fait parler son caractère. Quaresma a beau faire 1m73, il vaut mieux ne pas trop chauffer le bad boy. Koscielny en sait quelque chose …

A 34 ans, Quaresma va (enfin) disputer sa première Coupe du Monde. Cette fois son rôle ne se réduit plus à celui d’un supersub (remplaçant de luxe en V.F). Cadre décisif d’une nation en quête de sacre mondial, l’homme aux 77 sélections a confirmé son grand retour en Ligue des Champions cette saison. Fernando Santos lui réserve ainsi un rôle crucial en Russie.

Après tout ce chemin parcouru, le film de sa carrière témoigne avant tout d’une réelle abnégation et d’un constant refus à perdre espoir, sur le terrain comme en dehors. Rappelez-vous, mieux vaut tard que jamais.

 


Max MIOTTO

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