Il y’a de ces joueurs qui, durant leur carrière, ont fait d’une compétition leur jardin. Dans l’histoire récente du football, on retiendra notamment les Raul et Inzaghi en Ligue des Champions en plus des traditionnels Messi et Cristiano Ronaldo, Thomas Müller en Coupe du Monde ou encore Radamel Falcao en Europa League. Et bien, la France aussi a connu son Serial Killer, en la personne du brésilien Brandão devenu le plus grand joueur de l’histoire … de la Coupe de la Ligue. 

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Fort d’une expérience européenne satisfaisante dans le froid ukrainien du Shaktar, le brésilien est acheté par Marseille en janvier 2009 contre 6 millions d’euros. Un transfert qui interpelle alors sur le niveau d’un joueur jusque-là méconnu mais qui va, à sa manière, marquer l’histoire du football français.

 

“J’ai pas touché”

Ses 6 premiers mois dans l’hexagone sont mitigés. Auteur de 7 buts en 16 rencontres, les supporters olympiens découvrent, malgré une ligne de stat correcte, un joueur peu à l’aise balle au pied – un comble pour un brésilien – à la fois capable du meilleur comme du pire. Éliminé en seizième par Sochaux au mois de septembre, le natif de Sao Paulo doit attendre la saison suivante pour découvrir la Coupe de la Ligue sous ses nouvelles couleurs. Dès son premier match, il plante un doublé salvateur face à Saint-Etienne qui permet à son équipe de l’emporter 3 à 2 et de regagner les quarts. Absent lors de la rencontre suivante face à Lille, il est de nouveau décisif en demi-finale face à Toulouse. Et de quelle manière, s’il vous plaît. Menés 1-0 à 5 min de la fin du temps réglementaire, Brandão égalise d’une tête rageuse et envoie les deux équipes en prolongation. A la 104ème minute, il contrôle le ballon à l’entrée de la surface et frappe d’un pointu du gauche qui laisse le gardien sur ses appuis. 2-1, l’OM est en finale et le brésilien en est déjà à 4 buts en 2 matchs dans la compétition.

S’il ne se montre pas décisif en finale face à Bordeaux, il laissera une trace indélébile dans toutes les têtes des amoureux du ballon rond lorsqu’à la 18ème minute, il se justifie d’une faute sifflée par Mr Lannoy. La suite, on vous laisse la (re)découvrir en vidéo.

Cette victoire 3-1 permet à l’Olympique de Marseille de goûter à nouveau à l’ivresse d’un titre qui leur fuyait depuis 17 ans. Un succès dignement fêté sur le Vieux Port et qui permet à Brandão de remporter sa toute première Coupe de la Ligue, la première d’une longue série.

3 titres, une finale et 9 buts en 15 matchs

La suite est un véritable festival. Dès la saison suivante, il qualifie le club phocéen pour une nouvelle finale, en ouvrant le score en face à Auxerre en demi. Malheureusement, Brandão ne brille quasi-uniquement dans sa compétition fétiche. Insuffisant pour Didier Deschamps, l’entraîneur de l’époque, qui l’envoie en prêt au Brésil quelques semaines seulement avant une nouvelle finale remportée face à Montpellier grâce à un but de Taïwo. Presque injustement, ce titre n’est pas comptabilisé dans la carrière de l’attaquant brésilien puisqu’il ne la dispute pas. Mais peu lui importe, de retour à Marseille en janvier 2012 pour pallier de nombreux départs à la CAN, il fait son retour dans le dernier carré de sa compétition. Opposé à l’OGC Nice, il délivre le Vélodrome à la 57ème minute et qualifie – pour la troisième fois de suite – son club en finale. Revanchard, Brandão ronge son frein durant 98 minutes d’une rencontre insipide face à l’Olympique Lyonnais. Alors qu’on se dirige tout droit vers une séance de pénaltys, il profite d’un contre favorable pour mystifier Lloris d’une frappe entre les jambes. A peine 8 minutes après son entrée en jeu, Mr Coupe de la Ligue permet donc à Marseille de remporter la compétition pour la troisième année consécutive.

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Lorsqu’il signe à Saint-Etienne la saison suivante, on est loin d’imaginer qu’il permettra à ce club historique de remporter un titre (hormis la Ligue 2) après 33 ans de disette. Et pourtant… c’est mal connaître le bonhomme. Associé au jeune Pierre-Emerick Aubameyang, le duo d’attaque fonctionne à merveille. Il faut d’ailleurs peu de temps à Brandão pour se montrer décisif dans sa compétition reine. Dès les seizièmes, il égalise face à Lorient et permet aux Verts de se qualifier grâce à une séance de TAB. Après deux nouvelles qualifications acquises au terme de ce périlleux exercice – dont une mythique face au PSG devenu qatari – les Stéphanois se retrouvent en finale face à Rennes. Muet jusque-là, il profite d’un délice d’extérieur de son compère d’attaque pour pousser le ballon au fond des filets et signer une nouvelle victoire, sa troisième personnelle. Historique, phénoménale, monstrueux, les mots manquent pour qualifier l’impact du Brésilien dans cette compétition nationale.

A compter de ce dernier sacre, Brandão ne pourra plus rien face à l’armada parisienne qui rafle année après année la compétition, terrassant un à un ses adversaires. Mais comme pour rendre un dernier hommage à celui qui aura marqué la Coupe de la Ligue de son empreinte, il dispute les 9 dernières minutes de la finale face au PSG alors qu’il joue sous les couleurs de Bastia, en 2015. Un baroud d’honneur pour celui qui pourra se targuer d’avoir remporté plus de Coupe de la Ligue que des Messi ou autres CR7.

Et rien que pour ça, chapeau Mr Brandão !


Max MIOTTO

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