Bordeaux, le vin rouge, la Garonne et son magnifique stade Matmut Atlantique. Nombreuses sont les attractions qui attirent les touristes en terre bordelaise, cependant l’une d’entre elles provoquait moins d’enthousiasme ces dernières années que le bon vieux raisin noir. La saison des Girondins a commencé sous les meilleurs auspices avec le rachat du club par le fond général d’investissements américain GACP. Une opportunité pour un club et une ville de redorer son blason avec à sa tête l’Entraineur portugais Paulo Sousa.

A Bordeaux, y’a d’la joie @AFP/François Lo Presti

Une intersaison trouble en interne

Il y a 4 mois de cela, l’ancien propriétaire de Bordeaux, Nicolas de Tavernost refusait une première offre du groupe d’investissements GAPC détenu par Joseph DaGrosa. Enroulé dans de beaux draps avec une dette évaluée à 60 Millions d’euros envers M6, le club se devait de trouver un nouvel eldorado financier. C’est maintenant chose faite avec les nouveaux millions de Joseph DaGrosa. Ce dernier qui a pu rencontrer les plus fidèles supporters du club afin de faire table rase du passé, se devait de communiquer auprès de ces fans. En effet, les supporters bordelais se plaignaient des modalités de reprise du club en parlant “d’argent sale”. Quand les investisseurs parle d’objectif de défiscalisation, il y a bien de quoi s’inquiéter pour le club Girondin… En outre, un énorme imbroglio autour de la billetterie entre les Ultras et le club a déclenché une vive contestation des fans bordelais.

Autant dire que Paulo Sousa, arrivé en mars 2019, allait passer un été plutôt mouvementé. Et c’est peu dire qu’il a commencé à toute berzingue avec l’affaire autour de Younousse Sankharé. Après avoir voulu faire pousser sa barbe auprès d’un spécialiste en février dernier, l’ancien parisien a été écarté des terrains pendant plus d’1 mois. Une affaire qui n’a pas plu aux dirigeants qui décident de le mettre à pied pour ne pas avoir respecté les instructions du club. En août, Sankharé reçoit plusieurs offres, notamment de Leganes, mais les dirigeants bordelais bloquent son départ. Une issue devra être trouvé par la LFP pour régler cette situation litigieuse.

Si les départs ont été nombreux, les arrivées se sont faites plus discrètes. Le gros coup reste la signature de Koscielny en provenance d’Arsenal. De plus, les dirigeants ont fait le choix de s’ouvrir au marché asiatique en arrachant la jeune pépite sud-coréenne Hwang Ui-Jo en provenance du club japonais du Gamba Osaka. Une recrue souhaitée afin d’apporter de la technique et de la vivacité à l’attaque de Sousa. Ce dernier qui s’inquiétait du sort de son groupe en fin de saison dernière, a eu tout le loisir de travailler cet été et d’imprimer sa patte ainsi que sa vision du football aux Girondins.

La patte Sousa

Le col retroussé, regard concentré @SudOuest

Si Bordeaux réalise un début de saison très encourageant , c’est en grande partie dû au travail acharné du portugais. Et c’est peu dire qu’il y avait du pain sur la planche. Le renouveau bordelais passait par une énorme revue d’effectif et une prise de pouvoir des jeunes joueurs. Disciple de la défense à 3 quand il entrainait la Fiorentina, son schéma peut differer dès la perte du ballon en un 4-4-2 en phase défensive, afin de renforcer son milieu de terrain et ses côtés. L’utilisation du ballon est la grande satisfaction de ce début de saison sur les bords de la Garonne. Yacine Adli et Aurélien Tchouaméni tous deux internationaux espoirs français, sont les véritable fers de lance du jeu bordelais. En atteste ce boulet de canon inscrit contre Amiens. Dans les trente derniers mètres, les deux jeunots se montrent souvent dangereux.

 

Cette capacité de Bordeaux à ressortir le cuir en phase offensive impressionne, surtout avec les deux pistons sur les lignes de touche afin de proposer des solutions de dédoublement autour de Sabaly et Poundjé. Paulo Sousa peut également compter sur la renaissance de De Préville et son vétéran Jimmy Briand. Auteur d’un début de saison très solide, il est le premier instigateur du pressing bordelais que Sousa veut mettre en place. Son habileté à jouer en pivot est une aubaine pour Kalu ou Kamano qui peuvent apporter leurs qualités de percussions évidentes de manière à déstabiliser les défenses adverses.

Si la tactique “Made in Sousa” commence véritablement à faire ses preuves malgré quelques errements défensifs, les prochaines échéances détermineront quel visage donner à cette saison. En effet, potentiellement 3ème en cas de succès face à Saint-Etienne cet après-midi, les Bordelais se déplaceront ensuite à Lille, recevront Nantes, iront à Nice avant de recevoir Monaco. 5 confrontations face à des concurrents directs pour une place européenne. Si ce virage est bien négocié, alors les Girondins pourront légitimement espérer une place dans le Top 5 à la fin de la saison. Et pourquoi pas sur le podium…

A l’heure d’affronter Claude Puel et ses Verts à 15h au Matmut Atlantique, les Girondins peuvent truster le podium en cas de victoire. De quoi confirmer une nouvelle philosophie mise en place à Bordeaux avec un fort accent portugais. 


Zacharie Curiel

Adepte de virgules, de points d'exclamation et de petits ponts.


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